Sexta-feira, 3 de Dezembro de 2010
Les banques irlandaises sont-elles responsables de la crise ?
Marc Roche
(Londres, correspondant)




Ont-elles été bien contrôlées ?

L'UE a-t-elle trop longtemps fermé les yeux ?

ous les récits consacrés il y a quelques années au Tigre celtique, comme avait été baptisée l'Irlande en raison de ses taux de croissance à l'asiatique, commençaient invariablement par un séduisant paradoxe. Celui de la métamorphose des terres à nu des tourbières en un skyline de tours de verre et d'acier en mouvement perpétuel.

Les élites bancaires se sont trouvées au coeur de la transformation d'une nation rurale et bigote en un prodigieux laboratoire du secteur tertiaire. Mais comme l'atteste la déconfiture économique de l'île d'Emeraude, les « affaires » ont fini par rattraper un monde financier de mèche avec les promoteurs immobiliers et les milieux politiques. Un triangle toxique...

« Méfiez-vous des grosses banques de petits pays qui, privées demarché local digne de ce nom, se sentent tout naturellement obligées de croître au-delà de leur base de départ en prenant des risques... » : comme l'indique un opérateur de la City, le naufrage irlandais incarne jusqu'à la caricature la folle course à la taille des banques locales.

Le miracle de l'Eire Comme en Belgique, en Islande ou en Ecosse, le secteur financier irlandais est organisé en oligopole. Trois grandes banques de détail (Bank of Ireland, Allied Irish Banks et l'Anglo Irish Bank), ainsi que deux caisses hypothécaires se partagent l'essentiel d'un marché domestique de 4,4 millions d'âmes.
Que faire de cet argent qui afflue subitement dans les coffres à la fin des années 1990, conséquence de l'élévation du niveau de vie et d'une santé économique de cheval ? Une politique fiscale audacieuse, en particulier l'impôt bas sur les sociétés qui attire les entreprises étrangères, une place financière en plein essor spécialisée dans l'administration des hedge funds et une main-d'oeuvre formée et bon marché alimentent le miracle de l'Eire.

Pour les banques à la recherche de placements hautement rémunérateurs pour cette manne, la solution est évidente : investir massivement dans l'immobilier, surtout commercial et de bureaux. Les établissements dublinois financent les yeux fermés promoteurs et entreprises du BTP. Parallèlement, les ménages, certains pas toujours solvables, se voient offrir des prêts hypothécaires à 100 %, voire au-delà, sans même qu'un bulletin de salaire leur soit réclamé.

A la tête des banques, une nouvelle
génération de dirigeants mégalomanes a remplacé les banquiers prudents à l'ancienne. Trop petite pour eux, l'Irlande : il leur faut le Royaume-Uni, l'Amérique, l'Asie ! On ouvre des succursales luxueuses dans tous les recoins du globe. Tant que le versement de gros dividendes est assuré, les actionnaires ne trouvent rien à redire aux anomalies des bilans, aux primes de fin d'année mirifiques, au train de vie fastueux des seigneurs de l'argent.

Par ailleurs, à l'intérieur des banques, le népotisme est la règle. Les principes de bonne gestion sont allégrement bafoués. La caste au sommet emprunte au nez et à la barbe des commissaires aux comptes des dizaines de millions d'euros pour financer l'achat de manoirs, yachts ou voitures de sport.

Clientélisme, renvoi d'ascenseur et magouilles Comment expliquer de tels dérapages, dignes d'une république bananière ? Tout d'abord, dans ce mouchoir de poche où tous les décideurs se connaissent, la nomenklatura financière vit en complète symbiose avec le monde politique et les industriels de la truelle.

Depuis l'indépendance, en 1921, la vie publique est dominée par deux grands partis, le Fianna Fail et le Fine Gael, qui se situent... au centre. Sur les questions économiques, il n'existe aucune divergence de fond. Le clientélisme, le renvoi d'ascenseur et les magouilles sont la norme. Parlementaires, financiers et magnats de la construction fréquentent les mêmes clubs de golf ou les cercles hippiques et s'entendent comme larrons en foire.

Ce lien ombilical explique que, à l'automne 2008, Brian Goggin, de la Bank of Ireland, et Eugene Sheehy, d'Allied Irish Banks, parviennent à imposer au nouveau ministre des finances, Brian Lenihan, d'offrir une protection à 100 % des dépôts bancaires comme des prêts vérolés. Cette décision ne fera qu'empirer les choses.

A ce jour, malgré les malversations avérées, aucun banquier n'a été mis sous les verrous. Les promoteurs au coeur du scandale ont pu émigrer en toute impunité. D'autres ont transféré à leur épouse la propriété des biens mal acquis pour mettre ceux-ci à l'abri d'éventuelles saisies. « Ce pays reste clanique, quasi mafieux. Le pouvoir est patrimonial », s'indigne un observateur, effaré par l'inertie de la justice et de la police. En clair, aux yeux des banquiers, si le système financier a capoté, c'est la faute à la crise de confiance, aux bâtisseurs requins, aux investisseurs cupides... Pas la leur.

Des contrôleurs peu expérimentés Deuxième ingrédient de la tragédie qui se joue aujourd'hui : la faiblesse du régulateur. Trois contrôleurs peu expérimentés ont été chargés pendant longtemps de la surveillance des deux principales banques de l'île. Appendice de la banque centrale, l'organisme de tutelle n'a fait aucun effort pour pousser ses ouailles à limiter les risques. De plus, la peur de faire fuir les investisseurs étrangers en quête de stabilité et d'avantages fiscaux a poussé le Trésor à assouplir encore davantage les règles.

Ensuite, face à l'attrait des gros salaires de la place financière ou des géants de l'électronique, la fonction publique tire la langue pour recruter les meilleurs éléments. C'est pourquoi le gouvernement a pris pour argent comptant la sous-évaluation par sa banque conseil, Merrill Lynch, choisie en raison de ses origines irlandaises, du « trou » bancaire à financer. Par la suite, aucun suivi de l'utilisation des 50 milliards d'euros injectés par Dublin depuis 2008 dans le secteur financier n'a été assuré.

Les Irlandais ont aujourd'hui la gueule de bois et s'interrogent. Pour sortir de l'ornière, leurs banques, de facto en faillite et nationalisées, doivent dare-dare se délester au rabais de leurs actifs périphériques ou étrangers. La priorité est désormais de se recentrer sur le marché intérieur détrôné, au cours de la dernière décennie, par l'expansion à l'étranger, la ruée sur l'immobilier ou les petits génies des marchés et des produits miracles.

Comme le disait Byron de l'Italie, les banques irlandaises ne sont plus que la « triste mère d'un empire mort »...

(Le Monde - Article paru dans l'édition du 26.11.10)




publicado por Carlos Loures às 21:00
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